Disputation [2]

[Paris, BnF fr. 1793, f. 127v]

ce pouoit estre requerant sur ce conseil et ayde d’eulx. Lesquelz aprés qu’ilz eurent oy une foiz ou deux la voix avec la dicte femme eurent conseil ensemble que ce seroit bon d’avoir les freres prescheurs, le pryeur et autres notables clers de religion pour leur dire ce qu’ilz avoient oy. Et le jour saint Jehan l’euvangeliste es festes de Noel en la compaignie de la dicte vefve fut la chose exposee au prieur et couvent dudit lieu et aprez le dit pryeur appellé frere Jehan Gouim, et ung maistre en theologie et le liseur d’icelle maison maistre en philozophie qui estoient entre les autres les plus saiges et les plus discrés. Lesquelz aprez que ilz eurent oy ce et exposé, envoyerent par devers le mayeur de la cité requerant avoir aucuns

[f. 128]

notables preudommes de la ville dignes de foy lesquelz peussent aler en la maison avec eulx pour plus grant seurté et approbacion des choses qu’ilz pourroient oyr. Et ainsi fut fait. Et lors se parta le pryeur lequel, sans le sceu des autres, pendi devant son pis en la plus grant reverence qu’il pot une boiste ou estoit dedens le precieux corps Nostre Seigneur; et s’en ala a la maison dudit trespassé avec luy le maistre en theologie et le liseur maistre en philozophie et bien deux cens hommes armez de vraye foy et devotement confessez et repentans de leurs pechiez. Et pour plus grant seurté, affin d’effacer toutes cavillacions et fallaces et pour mieulx actaindre et congnoistre la verité du fait, fist diligem-

[f. 128v]

-ment regarder la maison dessus et dessoubz, par dehors et par dedens, affin que rien n’y feust mucié. Et en tous les lieux d’icelle ordonna troiz personnes ensemble ou nom de la trinité, aucuns aux fenestres, autres aux chambres et par dedens pour mieulx savoir la verité et aussy qu’il n’y peust avoir nulle deception. Et ceste ordonnance ainsi faicte et disposee, le pryeur prinst de l’eaue benoite et la ala espandre et getter en tous les lieux de l’ostel et puis demanda a la vefve en quelle place elle le oyoit plus continuellement celle voix.

Elle luy respondit: Ou lieu ou mon mary estoit trespassé.

Et illec avoit ung banc ou le pryeur et ses compaignons s’assirent. Et puis

[f. 129]

commencerent a dire les vigilles a basse voix jusques aux laudes, et en lieu des laudes dirent les sept pseaulmes et la letanie. Certaine espace de temps aprés, environ mynuit oyrent ung son comme d’ung ramon traynant parmi la chambre. Et riens n’apparoit d’autre chose. Et lors la vefve se prinst terriblement a espoenter et a crier treshault disant: Le vecy! Le vecy!

Et les autres la assistens ce son et celle exclamacion oy aucunement se commencerent a esbahir et se teurent une espace. Et puis ung nommé Pierre de Bourgoingne se leva et vint a la vefve et luy dit qu’elle interrogast celle voix et luy demandast qui elle estoit par telle maniere: Ou nom de Jhesucrist qui receut

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s