Disputation [7]

[Paris, BnF fr. 1793, f. 137v]

divers lieux.

Respond l’esperit: Je suis de jour puny avec les ames de Purgatoire commun et de nuit je suis icy puny en ce particulier purgatoire.

Je te demande, dist le pryeur, en quelle place est continuellement le Purgatoire commun?

Respond l’esprit: Ou centre de la terre.

Comment, dit le prieur, puet estre Purgatoire, qui est lieu espirituel, en la terre, qui est lieu corporel, ensemble en ung mesme lieu?

Respond l’esperit: Tout ainsi que l’ame est espirituelle, elle est en tout le corps de la creature, est en Purgatoire espirituelle adjoint et uny a la terre qui est corporelle.

Pour quoy et a quelle cause, dit le pryeur a l’esperit, es tu puny en celle place plus que ailleurs?

Pour ce, dit l’esperit, que je y commis ung pechié duquel je

[f. 138]

n’ay point fait satisfaction en ma vie.

Or me diz, dit le prieur, qui est la chose qui plus griefve la personne en mourant.

Respond l’esperit: Les assamblees des deables qui s’assamblent entour le malade et s’efforcent par leurs horribles et espoentables regars et par estraindre leurs dens et maint autre horrible et hydeux signe pour les mettre hors de leur propre sens et memoire et de la sainte foy catholique, et leur mettre au devant tous les pechiez et maulx qu’ilz ont faiz pour les espoenter.

Je te demande, dist le pryeur, laquelle chose est plus aydant et confortant a la personne a la mort?

Respond l’esperit: Le merite et souvenance de la Passion de Nostre Seigneur et le benefice de la Vierge Marie, et l’intercession

[f. 138v]

des benois sains et saintes de Paradiz.

Or nous monstre pour quoy ces choses donnent plus de confort es creatures que autres choses.

Voulentiers, dist l’esperit. Or escoutez. Se une creature muert en pechié mortel sans contricion de cuer, sans confession de bouche, adonques le puet on monstrer pour ingrat en non recongnoissant son createur. Et la Passion Nostre Seigneur lui sera en sa mort ditte et ramentué par son bon angele quant il eut temps et espace de se confesser et administrer. Il ne voult ains eut en despit les sains sacremens de l’eglise, lesquelz par la vertu de la Passion Nostre Seigner nettient tous les pechiés des pecheurs et les reduisent a l’estat de grace.

Et ces choses ainsi dictes et remonstrees, les deables prennent et

[f. 139]

ravissent celle povre ame en disant a luy: O personne ingrate envers Dieu le tout puissant, vieng avec nous en nostre dampnee compaignie en Enfer qui est la maison de tous ceulx qui sont ingras de Dieu.

Et s’aucun va de vie a trespas vray confés ja soit ce qu’il n’ait mie fait satisfaction pour les pechiez confessez, neantmoins les bons angelz les verront conforter et aidier a l’encontre des ennemis d’Enfer disans en ceste maniere: Fuyez, fuyez, faulx ennemis! D’umaine lignié vous n’avez part ne droit en ceste ame car le merite de Dieu lui est escu et deffence a l’encontre de vous.

Adont les mauvais esperis dient et respondent ainsi: Cest homme a pechié ainsi et ainsi

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