Disputation [9]

[Paris, BnF fr. 1793, f. 141v]

-nois sains et saintes de Paradis que en sa vie a plus servy et eu de confidence requerront a Nostre Seigneur sa sainte misericorde en ceste maniere: O sire Dieu tout puissant, que pour l’amour de ta benoitte mere et pour la redempcion de creature humaine pour les pecheurs vouls et daignas descendre du ciel et prendre char humaine ca jus. Ayez pitié et mercy de l’ame de ceste creature nostre frere. Toutes choses faittes et dictes l’ame est prinse et menee par son bon angele en Purgatoire pour ses vices purgier, et prestement son mauvaiz angele et les autres mauvaiz esperis se partent de l’ame et s’en fuyent confuz. Et ainsi par ceste maniere le merite de la passion Jhesucrist, le benefice de la Vierge

[f. 142]

Marie, avec les intercessions et pryeres des benoiz sains et saintes de Paradiz aydent et confortent les ames en la mort.

Je te demande, dist le pryeur, ung homme en sa mort puet il veoir et regarder Nostre Sauveur Jhesucrist, la benoite Vierge Marie et les sains angelz de Dieu en leur forme?

Respond l’esperit que non, se la personne n’est si sainte et si purifiee de tous pechiez qu’elle n’ait besoing d’estre plus purifiee en Purgatoire.

Certes, dit le pryeur, il m’est advis que les choses que tu m’as dictes ne sont pas toutes vrayes, car par tes parolles tu vuelz dire et affermer que les sains et saintes sont presens a la mort de la creature pour la conforter et aydier. Laquelle chose ne se puet bonnement faire que les personnes

[f. 142v]

ne les voyent plainement.

Respond l’esperit: Je te diz que les sains et saintes sont presens a la mort de l’omme ou femme et principalement ceulx lesquelz il a servi et honnouré et en plus grant reverence et amour. Mais neantmoins la creature mourant ne les puet ne doit veoir en leur propre forme. Car s’ainsi estoit qu’il les veist comme il ne soit autre beatitude que de Nostre Seigneur veoir en sa propre forme et sa benoite mere et sains et saintes. Il s’ensuit par ce que ung morant seroit ou point de la mort saintiffié que bonnement ne se puet faire s’il n’est preesleu de Dieu.

Je te demande, dit le pryeur se les esperis aprez ce qu’ilz sont devestus de leurs corps ont ilz congnoissance de leurs parens

[f. 143]

et amis et de toutes autres gens?

Respond l’esperit: Certes oyl.

Dont dist le pryeur: Me sauras tu bien dire de quoy j’ay au jour d’uy celebré messe?

Respond l’esperit: Tu as au jour d’uy celebre messe du saint esperit.

Certes, dist le pryeur, je voy bien que tu n’es point esperit veritable, car j’ay au jour d’uy celebré messe de requiem pour les trespassez.

Respond l’esperit: O prieur, je say bien que ta messe fut ditte de requiem, et sauvé ta grace je n’ay point menti se j’ay dit que tu as celebré du saint Esperit. Car quant aucun demande aucune chose a ung autre, la chose qui lui est le plus ou cuer et proffitable il le profere et dit plustost et plus legierement. Car on dit que du cuer parle la bouche.

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